Un amplificateur est destiné à moduler avant tout son alimentation,
d'où l'impérative nécessité dans le cadre d'une
démarche jusqu'au-boutiste, d'une grande constance de tension, d'une
réserve de courant la plus importante possible et de la meilleure qualité
qui soit.
C'est l'analogie du lac et de la bassine. Pour rester dans la métaphore,
l'amplificateur se comporte comme une pompe puisant dans un réservoir.
A la surface, l'eau s'agite; il se crée des vagues: c'est l'instabilité
de l'alimentation... A débit identique, l'on comprend dès lors
que le volume d'une bassine sera plus perturbé que celui d'un étang,
soit dans le cas présent plus de 0,12 Farads (F) de capacité totale
par ampli mono.
Dans l'idée d'obtenir de forts courants instantanés, les condensateurs
utilisés sont à très faible résistance série
et, détail non négligeable, à très longue durée
de vie.
Situés au plus proche des transistors de puissance ils sont de surcroît
découplés par des condensateurs à armature afin d'assurer
une faible impédance de source très au delà du spectre
audible.
Une stratégie particulière de chasse aux perturbations parasites
fut mise en oeuvre, autant avant le transformateur (filtre secteur), qu'au sein
de l'alimentation elle-même (pics de commutations des diodes de redressement
traités par des condensateurs à armatures et filtrage additionnel).
Ce travail sur l'alimentation n'est pas anodin, car si l'augmentation du réservoir
d'énergie est immédiatement perceptible dans les «fortissimi»,
le gain qualitatif est tout aussi sensible dans les faibles niveaux: il en résulte
une lisibilité, une aération et une évidence peu communes.
Au roc, s'allie la souplesse et l'aisance. Dans l'analogie l'on pourrait parler
de «couple à bas régime».
Côté topologique, pour chaque ampli mono la carte de base est constituée
de 6 condensateurs TFRS à grande capacité dynamique de 4 700 µF
soit un total de 28 200 µF. A cette carte s'ajoute toujours par ampli
mono 20 condensateurs de 4 700 µF, portant l'ensemble à 122 000
µF !
La qualité structurelle de l'amplificateur n'est pas en reste. Hormis
son schéma spécifique et moulé sous boitier cuivre, l'amplificateur
AperturA est totalement symétrique. Cette topologie particulière,
assez peu répandue, possède entre autre un excellent comportement
en terme de linéarité d'amplitude.
Les enceintes présentent communément une impédance réactive;
aussi, une attention particulière fut portée sur la stabilité
pour ce type de charge. L' «overshoot» sur signal carré,
qui est le pulse le plus représentatif du comportement transitoire en
terrain difficile, est minimal même sur des charges présentées
par des haut-parleurs électrostatiques.
On peut parler, à propos de cet amplificateur, de stabilité inconditionnelle.
Un bon ampli ne se limite pas à l'excellence de son schéma. Dans
le même esprit qu'une enceinte digne de ce nom, une bonne électronique
se doit d'être supportée par une base solide et rigide. Chaque
ampli mono est lui-même monté sur sa propre plaque en aluminium
(totalement autonome).
Entre autres détails, les transistors de puissance sont couplés
au radiateur avec un soin particulier.